Il leur faut le fond gris uniforme de ses jours.
J'ai l'impression que je bouge mieux, lorsque je suis entraîné de cette manière.
Les glissements se produisent tout naturellement, parfois dans la foulée d'autres fois.

Je l'ignore.
Ce qu'on déchiffre suffit à dire l'excès dont il s'agit.
Le droit à l'éphémère.

On ne voit plus, on devine, on imagine, c'est toujours mieux.
Et, comme toujours, dans l'espoir d'autre chose.
On perçoit tout cela dans la nuit.

Épuré, mais riche de détails significatifs.
L'abandon par les mots.
C'est désormais dans la confusion des choses simples que j'existe.

Il faut que je le maintienne au jour, au bord de son précipice.
Rester là, immobile derrière son miroir sans tain pour en formuler les vertiges.
La rigueur de la sensation nous emporte éblouis par la lumière.

Dois-je reconsidérer à partir de ce mot tout ce que j'ai lu précédemment ?
Il faudrait arracher des nuages, s'en aller.
Je vois aussi un sablier pourfendu se remplir de raisons.

Une sensation croissante d'isolement, de repli sur soi.
En moi gronde une ville, grouille la foule dessaoulée, ses envies au hachoir.
Peu s'en faut pour que ça affleure, que ça s'engage et que ça cède.

J'y verrai presque du progrès.
Quand on rencontre les gens, ils ne connaissent ni le début ni la fin de notre vie.
Ressentir alors l'élargissement du monde.

Je veux traverser ce présent.
Juste là, au bord, sur le fil du présent.
Le souvenir en nous de sa beauté.

Les mains savent à quoi s'occuper.
On reste là tête vide face au vent et ce bruit sous les mots crevés comme des pneus.
En tout cas on comprend très vite qu'il ne devrait pas être là.

Un beau jour est aussi un météore.
L'instantané nous fascine en tant que tombeau du temps.
Mais on ne va pas s'en tenir là.

Quelque chose résonne de l'autre monde, quelque chose se transmet du secret.
Quelques mots répétés, toujours les mêmes.
En effet c'est un vaste chantier.

Rapporter avec exactitude l'enchaînement des gestes et l'emboîtement des mots.
Il faut le sens de la mémoire, il faut transcender le temps.
Je redoute pourtant d'entendre encore et encore les abrutis me parler de travail.

Rien n'est plus pareil.
Peu importe qu'on soit d'ici ou d'ailleurs.
Des voix, pas vraiment étrangères, construites de toutes pièces avec des bouts de moi.

Les jours se succèdent comme des images blanches.
L'obstiné, qui est là tous les jours, que ça morde ou pas.
Le changement est contraire à l'identité.

Comme pris dans un incontrôlable mouvement.
Et je reprends ma marche en avant, dans la nuit ambiante.
Il faut continuer.

J'ai le sentiment de passer l'essentiel de mon temps dans ce pli, étrangement absent.
Ce qui compte c'est l'entrecroisement des regards.
Tisser dans les intermittences du jour.

Le soleil se devine déjà derrière la brume.
Je ne reconnais pas le son de ma voix.
Tourné vers une pensée en mouvement, dans le doute.

C'est la chance des rencontres.
Nos pas entretiennent la route, les herbes et leur vert de liberté.
Il faut se contenter de bribes, de ce qui est resté imprimé, du dérisoire qui cache la forêt.

La peur marque durablement les visages.
Le sol ou l'air fourmille de virgules noires régulières qui se cristallisent en paquets.
Ce qui leur est commun.

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